Adressé aux deux compères sous-cités, entre autres, le 26/06/2002, après l'élimination de la Turquie en demi-finale de la coupe du monde de football. 

 

Rouchtou dégage en direction d'Hakan Choukour qui se dirige vers les boutes et passe à Ergoun... Tout à fait Thierry ! Une action parfaite !

 

On ne peut en dire autant du commentaire ! Rolland et Larqué ! Avec toutes les thounes que vous gagnez, vous pourriez faire l'acquisition, pour duze euros d'un manuel de conversation franco-turc où vous apprendriez à la première page que le « Ü » anatolien se prononce « U » comme dans « hurluberlu » ; et non pas  « OU » comme dans « le coucou se tatoue des nouilles autour du cou. » (Ne cherchez pas de contrepèterie dans cette phrase !)

 

Pour les Turcs de France qui regardent le match sur TF1, et ils sont nombreux, ainsi que pour les Français, moins nombreux, qui ont, comme moi,  pris turc en première langue, ces fautes de prononciation ont de quoi choquer.

 

Parce que les francophones appartiennent au club très fermé des locuteurs capables de prononcer le son « U ». Si je pardonne à nos Laurel et Hardy du commentaire sportif d'écorcher les patronymes de Hujewicz ou Kurwaszczewski qui évoluent dans la sélection polonaise (j'ai choisi le polonais en seconde langue et je sais que c'est difficile), je ne leur accorde aucune immunité pour cette faute alors que je l'accorderais à des speakers espagnols, italiens ou anglais pour qui le phonème « U » est imprononçable.

 

Et pourtant nos deux compères prononcent bien « Cafou » et « Bachtürk ». Alors pourquoi pas Ergün, Chükür... C'est simple, c'est comme en allemand ; quand un « U » est surmonté d'un tréma il se prononce « U » ; sinon « OU ». Il se trouve bien dans le staff de l'équipe de TF1 un assistant qui parle allemand ! Et même si je n'avais étudié l'allemand en troisième langue, je le saurais. Cette règle phonétique est apparente dans le nom des villes allemandes quand on les voit écrits en VO sur ARTE; Nürnberg et Hamburg, ce n'est pas le même « U ». Vous trouverez même cette distinction dans le petit Robert où la prononciation d'un mot est indiquée dans l'alphabet phonétique international. « U » et « Ü » ; comme aussi en hongrois (que j'ai pris en quatrième langue).

 

Je ne parle pas, par charité, des autres fautes comme « Sas » qui se dit en turc « Chach » parce que les 2 « S » sont agrémentés d'un petit zigouigoui en bas qui en fait des « Cheu » ; dans toutes les langues, indo-européennes ou non, qui s'écrivent avec l'alphabet latin, un « S » avec un accent ou une cédille, ou une verrue, ou une pustule se prononce autrement que « S ». Ce qui n'empêche pas que cette lettre sans accent puisse générer un son « cheu » comme en hongrois (Budapest - Boudapecht) ou en anglais (sugar - chougar). Ou en portugais (Sagres = Sagreche, Guimaraes = Guimaraèche) (ma cinquième langue).

 

 

 

 

Il s'agit, selon moi, d'un intolérable manque de professionnalisme de la part de Jean Michel et Thierry. Mais ça ne fait rien ! Puisque les Türcs ont perdou...

 

Büüüüh !!!

 

 

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